Marée noire dans la Réserve Naturelle Nationale de Crau : mode d’emploi du « désastre écologique »
lundi 10 août 2009 par noxenvoyage
La plaine de la Crau est un site naturel unique. Lit fossile de la Durance abandonné depuis la fin de l’époque glaciaire (environ 10.000 ans), elle est restée en grande partie intacte grâce à l’entretien de l’élevage ovin. Sur les 80.000 ha originels de ce milieu particulier appellé coussoul, ne reste aujoud’hui que 10000 dont 7700 sont classés en Réserve Naturelle Nationale depuis 2001.
Elle héberge aujourd’hui une faune et une flore unique : deux espèces que sont les Criquet de Crau et le Lichen crustacés n’existent nulle part ailleurs au monde. De plus, la Crau constitue le bastion d’espèces comme l’Outarde canepetière, le Ganga cata (seul endroit de France ou il vit) ou encore le Lézard ocellé. Autant d’espèces menacées de disparition.
Elle abrite également une immense nappe phréatique de 800 millions de m3. Les villes de Fos-sur- Mer, Port-Saint-Louis-du-Rhône et Port-de-Bouc (environ 40.000 habitants) sont alimentés par des captages en bordure aval de la Crau . Malgré les propos rassurant, aucune preuve ne permet d’affirmer que ce pétrole n’atteindra pas la nappe.
Au-delà des conséquences particulières de cette pollution, les associations citoyennes de protection de l’environnement s’interrogent sur l’état et la sureté des nombreux pipelines et des installations industrielles (dont plusieurs classées SEVESO) , 40 ans après leur construction autour du golfe de Fos.
Comment est organisée la maintenance des réseaux et des sites industriels ? Comment se fait-il que le gestionnaire du pipeline n’ai pas détecté la fuite ? Peut-on croire les déclarations de SPSE, responsable de cette catastrophe ? Ne devons-nous pas craindre, avec le temps, que ce type d’accidents se renouvelle ?

Nous attendons des services de l’État la publication d’un diagnostic sur les pipelines existants, l’application du principe de précaution sur les installations, nouvelles et existantes, et une surveillance ciblée des eaux de captages. Nous exigeons également une remise en état du site au frais du pollueur et des compensations adéquates.
Alors que le projets stratégiques du GPMM prévoient la multiplication des industries pétrochimiques, la création de plusieurs centrales à charbon, la destruction de coussouls et de la ZPS (Zone de Protection Spéciale pour la faune) du Caban et la multiplication par 4 du nombre de camions, le collectif associatif continue de dénoncer la dégradation de l’environnement et de la qualité de vie des riverains du golfe de Fos, et les impacts irréversibles faits à la biodiversité autour et sur le territoire du GPMM.

ADPLGF - Association Défense et Protection du Littoral du Golfe de Fos
CCSE - Collectif Citoyen Santé et Environnement de Port-Saint-Louis-du-Rhône
NACICCA - Nature & Citoyenneté Crau-Camargue-Alpilles
Contacts :
Marc Del Corso – 06 03 61 31 08 (ADPLGF)
Gérard Casanova-06 11 78 09 07 (CCSE)
Girard Cyril -06 71 64 17 38 (NACICCA)
Gael Hemery- 04 90 97 22 96 (NACICCA)
Olivier Anthony- 04 90 97 24 35 (NACICCA)
